A l'hôpital d'Orléans, Claude Pinault, un chef d'entreprise, est arrivé aux urgences. L'homme développe
des symptômes peu habituels. Comme rongé de l'intérieur, son corps se paralyse petit à petit.
Claude : .
De jour en jour, son état empire. Cet homme pourtant actif se retrouve tétraplégique.
Élisa : "Il pouvait légèrement bouger les phalanges. Tout d'un coup, il ne pouvait plus en bouger que deux et
puis une et puis jusqu'à l'extinction totale."
Comment un homme en bonne santé peut-il vivre du jour au lendemain un tel enfer ? Comment expliquer
cette paralysie foudroyante ?
Retour sur un phénomène rarissime.
Nous sommes en septembre 2005 à Orléans. Une ambulance fonce vers les urgences. A son bord, Claude Pinault,
54 ans, un chef d'entreprise à qui la vie souriait jusque là. En quelques minutes, sa vie va basculer.
Une heure plus tôt, il vient de faire un malaise. Le SAMU l'emmène d'urgence au service de réanimation.
Claude est alors loin de s'en douter, mais il va vivre un véritable cauchemar. Un mal mystérieux et
foudroyant vient de le frapper.
Claude : "J'étais KO, KO couché. Sur l'instant, c'est quelque chose de très paniquant."
Claude est installé dans une chambre d'hôpital. Les médecins s'affairent autour de lui. Il est conscient
mais pétri de douleur. Un sentiment étrange le gagne, comme si son corps était possédé, comme dévoré de
l'intérieur.
Claude :
Pour soulager ses douleurs, les médecins doivent déterminer le mal qui le touche. Ils le questionnent,
l'auscultent. Mais après toute une batterie d'examens, c'est l'incompréhension. Tout le service est
dans l'impasse. Il ne parvient pas à mettre un nom sur le mal qui touche Claude. Ses proches restent
incrédules devant ce qui se passe.
Fils de Claude :
Claude :
Des médecins interloqués. un phénomène étrange se déroule sous leurs yeux. Au fil des minutes, l'incroyable
se produit, Claude est en train de se paralyser. Il a comme la sensation d'être prisonnier de son propre corps.
Élisa :
Quelques heures apès son admission à l'hôpital, Claude est quasiment tétraplégique. Il ne peut désormais bouger
que ses mains et sa tête. Il lui reste encore la parole. Comment cet homme en pleine forme a-t-il pu sans raison se paralyser
si vite du jour au lendemain ? Quel est donc ce mal mystérieux qui le fout droit comme s'il était possédé ?
Claude :
C'est au terme d'une enquête minutieuse que les médecins et ses proches vont découvrir l'incroyable clé de
cet énigme. Un phénomène dévastateur et rarissime qui peut frapper n'importe qui à n'importe quel moment
et faire basculer une vie dans le cauchemar.
Au soir de son admission, les médecins enquêteurs s'interrogent sur le cas de Claude. Ils vont alors faire
appel à ce témoin direct de l'affaire, un ami de Claude. Il s'appelle José. Il est kinésithérapeute.
Ensemble, ils vont retracer le fil des dernières 48 heures. Tout d'abord, José va leur dresser le portrait
de Claude, un homme sain, sans problème de santé, en apparence.
José :
Mais si Claude n'avait pas de problème de santé connu, José a de nombreuses informations à livrer. Deux jours
avant son admission à l'hôpital, Claude était préoccupé par des symptômes. Nous sommes le samedi
matin. Claude est chez lui. Il prépare sa semaine à venir. Mais un phénomène étrange va se produire.
Claude :
Mais Claude ignore ces désagréments et ne prévient personne dans son entourage jusqu'au dimanche matin.
Claude :
Un phénomène que les enquêteurs ne parviennent pas à s'expliquer. Claude s'est-il empoisonné ? A-t-il été piqué
sans le savoir par un insecte ? Est-il sous une influence maléfique ? Ils vont alors reprendre l'interrogatoire de José pour retracer le fil des événements. Nous
sommes le dimanche matin. José explique que la femme de Claude, Elisa, vient de découvrir l'état de santé de son mari. Elle est morte d'inquiétude et décide donc
d'appeler deux amis médecins ainsi que José, le kinésithérapeute.
José :
Allongé face à ses amis, Claude a les plus grandes difficultés à coordonner ses mouvements. Ses réflexes ont même disparu.
Claude :
José explique aux enquêteurs qu'au fil des minutes, l'état de santé de Claude empire.
Claude :
José :
Malgré les conseils de son entourage, Claude refuse de partir immédiatement à l'hôpital. Nous sommes dimanche
soir, il ne veut pas passer la nuit aux urgences.
Claude :
Claude ne le sait pas encore mais sa vie est en train de basculer.
Pour les médecins enquêteurs, c'est le mystère le plus total. Que cache ce phénomène foudroyant ? Virus ?
Empoisonnement ? Envoûtement ? Toutes les pistes sont envisagées. Le lundi matin, ses symptômes ont empiré.
Désormais, Claude ne peut plus marcher sans aide. C'est le SAMU qui va intervenir et le transporter à
l'hôpital où il finit par se paralyser complètement.
Les enquêteurs cherchent donc toujours l'origine du mal de Claude. Un mal qui a paralysé cet homme en pleine
santé subitement. Pendant ce temps, Claude est prisonnier de son corps et souffre toujours le martyr.
Le syndrome de Guillain-Barré
Du nom de deux neurologues français, Jean-Alexandre Barré et Georges Guillain. Nous sommes en 1916. L'Europe traverse
la plus grande tragédie de son histoire. En pleine première guerre mondiale, ces deux neurologues étudient la paralysie
sans explication de deux soldats français. Une paralysie d'autant plus étrange car les soldats ne semblent pas avoir
reçu de choc. En observant les deux malades, ils vont faire une découverte tout simplement incroyable. Le système immunitaire des
soldats qui les défend contre les maladies s'est retourné contre eux de façon inexpliquée.
Médecin :
En clair, le système immunitaire devient fou. Les défenses naturelles se trompent d'ennemis et vont tout simplement
détruire toute trace de vie.
José :
Ce syndrome est rarissime. Il touche environ deux personnes sur cent mille chaque année mais dans cinq pour cent des cas, il peut
entraîner la mort. Certains experts pensent que ce sont les mêmes séquelles de cette maladie qui ont cloué le président
américain Franklin Roosevelt dans son fauteuil roulant. Un syndrome que cet homme sportif en parfaite santé aurait
contracté à 39 ans, en pleine force de l'âge. La particularité de ce mal étrange, c'est sa rapidité.
José :
Un mal soudain, mais qui frappe peut être pour une raison. L'attaque de l'organisme par un virus semble être le point de départ
de cette maladie étonnante.
Médecin :
Grâce à ces nouveaux éléments, les enquêteurs vont mettre en lumière le scénario qui a conduit Claude à se paralyser de façon
aussi subite. Dès le samedi, Claude sentait dans ses mains et dans ses pieds ce qu'il appelait des fourmis. En fait, le début
de la maladie.
Médecin :
Les enquêteurs cherchent alors à comprendre comment cet homme en parfaite santé a pu attraper ce syndrome de Guillain-Barré.
En questionnant Claude, ils vont tomber sur un indice particulièrement intéressant.
Claude :
Une information capitale !
Médecin :
Ce serait donc cette otite particulièrement violente qui serait en cause. Elle aurait emballé le système immunitaire de Claude
et provoqué la paralysie. Claude a désormais mis un nom sur sa maladie. Dans soixante-dix pour cent des cas, ce syndrome guérit au bout de quelques
semaines. Souvent sans séquelles importantes. Mais pas pour Claude.
Médecin :
A ce moment là de l'affaire, tout le monde pense qu'il ne marchera plus. Car à l'intérieur de son corps, les nerfs sont tous
détruits. Et les experts vont annoncer la nouvelle à sa femme.
Claude :
Claude est désormais prisonnier de son corps. Mais il décide de se battre pour remarcher un jour. Durant toute une année,
d'hôpitaux en centre de rééducation, Claude lutte au quotidien, avec une force mentale décuplée.
Claude :
Trois mois après le début du mal, alors que l'affaire semble s'arrêter là, l'incroyable se produit. Grâce à sa volonté et au
traitement médical, l'espoir devient réalité. Un jour, Claude réussit à faire bouger l'un de ses doigts.
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