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Claude PINAULT : Un homme debout



A l'hôpital d'Orléans, Claude Pinault, un chef d'entreprise, est arrivé aux urgences. L'homme développe des symptômes peu habituels. Comme rongé de l'intérieur, son corps se paralyse petit à petit.
Claude : "Je m'étouffe progressivement, tous les muscles s'éteignent. C'est très paniquant parce que je veux bien mourir mais je veux savoir de quoi quelque part.".
De jour en jour, son état empire. Cet homme pourtant actif se retrouve tétraplégique.
Élisa : "Il pouvait légèrement bouger les phalanges. Tout d'un coup, il ne pouvait plus en bouger que deux et puis une et puis jusqu'à l'extinction totale."
Comment un homme en bonne santé peut-il vivre du jour au lendemain un tel enfer ? Comment expliquer cette paralysie foudroyante ?

Retour sur un phénomène rarissime.


Nous sommes en septembre 2005 à Orléans. Une ambulance fonce vers les urgences. A son bord, Claude Pinault, 54 ans, un chef d'entreprise à qui la vie souriait jusque là. En quelques minutes, sa vie va basculer. Une heure plus tôt, il vient de faire un malaise. Le SAMU l'emmène d'urgence au service de réanimation. Claude est alors loin de s'en douter, mais il va vivre un véritable cauchemar. Un mal mystérieux et foudroyant vient de le frapper.
Claude : "J'étais KO, KO couché. Sur l'instant, c'est quelque chose de très paniquant."
Claude est installé dans une chambre d'hôpital. Les médecins s'affairent autour de lui. Il est conscient mais pétri de douleur. Un sentiment étrange le gagne, comme si son corps était possédé, comme dévoré de l'intérieur.
Claude : "J'ai l'impression d'être bouffé de l'intérieur par des chiens. J'ai l'impression que mes os se cassent en deux. J'ai l'impression que mes chairs se déchirent. Et je demande vous ne pourriez pas me donner des anthalgiques ? Et on me répond : Mais vous avez la dose maximum. Ah ouais !"
Pour soulager ses douleurs, les médecins doivent déterminer le mal qui le touche. Ils le questionnent, l'auscultent. Mais après toute une batterie d'examens, c'est l'incompréhension. Tout le service est dans l'impasse. Il ne parvient pas à mettre un nom sur le mal qui touche Claude. Ses proches restent incrédules devant ce qui se passe.
Fils de Claude : "On avait qu'une envie, c'était de poser des questions à ceux qui pouvaient nous répondre. La difficulté c'est qu'en fait les médecins n'en savaient pas vraiment plus."




Claude : "Je suis dans un service de réanimation. Tout est hyper sophistiqué. J'ai des médecins sans doute brillants j'imagine. Des spécialistes. Et ils ne savent pas ce que j'ai. Donc c'est très paniquant ça."
Des médecins interloqués. un phénomène étrange se déroule sous leurs yeux. Au fil des minutes, l'incroyable se produit, Claude est en train de se paralyser. Il a comme la sensation d'être prisonnier de son propre corps.
Élisa : "Je me suis dit bon, ça va monter, la paralysie monte, donc ses poumons, son coeur vont être atteints et oui, j'ai cru qu'il allait mourir."
Quelques heures apès son admission à l'hôpital, Claude est quasiment tétraplégique. Il ne peut désormais bouger que ses mains et sa tête. Il lui reste encore la parole. Comment cet homme en pleine forme a-t-il pu sans raison se paralyser si vite du jour au lendemain ? Quel est donc ce mal mystérieux qui le fout droit comme s'il était possédé ?
Claude : "C'était inquiétant, voire angoissant."
C'est au terme d'une enquête minutieuse que les médecins et ses proches vont découvrir l'incroyable clé de cet énigme. Un phénomène dévastateur et rarissime qui peut frapper n'importe qui à n'importe quel moment et faire basculer une vie dans le cauchemar.

Au soir de son admission, les médecins enquêteurs s'interrogent sur le cas de Claude. Ils vont alors faire appel à ce témoin direct de l'affaire, un ami de Claude. Il s'appelle José. Il est kinésithérapeute. Ensemble, ils vont retracer le fil des dernières 48 heures. Tout d'abord, José va leur dresser le portrait de Claude, un homme sain, sans problème de santé, en apparence.

José : "C'est quelqu'un de très très actif, très dynamique, qui travaille énormément, qui allait bien globalement. Je l'ai toujours connu, très bien."
Mais si Claude n'avait pas de problème de santé connu, José a de nombreuses informations à livrer. Deux jours avant son admission à l'hôpital, Claude était préoccupé par des symptômes. Nous sommes le samedi matin. Claude est chez lui. Il prépare sa semaine à venir. Mais un phénomène étrange va se produire.
Claude : "J'ai eu des picotements dans les doigts d'une manière symétrique. Et surtout, j'ai eu comme une grande fatigue qui m'envahissait. Et au cours de la journée, ces picotements, ces fourmis, que je qualifie de fourmis, vont commencer à se propager dans mes mains en entier, les deux. Et même, ça commence à nouveau dans mes doigts de pied. Donc ça devient de la folie, quoi. Qu'est-ce qui peut se passer pour que j'ai cette sensation ?"
Mais Claude ignore ces désagréments et ne prévient personne dans son entourage jusqu'au dimanche matin.




Claude : "Le dimanche matin, quand je me lève pour aller prendre ma douche, je sais que je vais très, très mal. Je me cogne partout. Je tombe dans la douche. Là, c'est très troublant. C'est assez paniquant, quoi."
Un phénomène que les enquêteurs ne parviennent pas à s'expliquer. Claude s'est-il empoisonné ? A-t-il été piqué sans le savoir par un insecte ? Est-il sous une influence maléfique ? Ils vont alors reprendre l'interrogatoire de José pour retracer le fil des événements. Nous sommes le dimanche matin. José explique que la femme de Claude, Elisa, vient de découvrir l'état de santé de son mari. Elle est morte d'inquiétude et décide donc d'appeler deux amis médecins ainsi que José, le kinésithérapeute.
José : "J'ai donc vu sa femme qui m'a dit que Claude ne va pas très bien, il est bizarre, je ne sais pas ce qu'il a. Je suis donc allé le voir dans sa chambre."
Allongé face à ses amis, Claude a les plus grandes difficultés à coordonner ses mouvements. Ses réflexes ont même disparu.
Claude : Ils sont devant mon lit, moi je suis déjà presque enterré vivant. Ce que je suis. Je me paralyse et je les vois faire les cent pas, se poser des questions."
José explique aux enquêteurs qu'au fil des minutes, l'état de santé de Claude empire.
Claude : "J'ai l'impression d'être pris dans des filets, tout se resserre et je commence à avoir des douleurs en plus de cet engourdissement. Et là je sentais que c'était quelque chose, un tsunami qui commençait à arriver."
José : "J'ai senti une grande, grande inquiétude quand même, une angoisse, se demandant ce qu'il avait, qu'est ce que je peux bien avoir ?"
Malgré les conseils de son entourage, Claude refuse de partir immédiatement à l'hôpital. Nous sommes dimanche soir, il ne veut pas passer la nuit aux urgences.
Claude : "J'avais un agenda complet, tout un tas de rendez vous professionnels, personnels. J'avais beaucoup d'activités, je m'occupais d'associations, j'étais l'homme débordé. Donc il était hors de question pour moi de m'arrêter, arrêt maladie, j'ai jamais eu d'arrêt maladie quoi pratiquement."
Claude ne le sait pas encore mais sa vie est en train de basculer. Pour les médecins enquêteurs, c'est le mystère le plus total. Que cache ce phénomène foudroyant ? Virus ? Empoisonnement ? Envoûtement ? Toutes les pistes sont envisagées. Le lundi matin, ses symptômes ont empiré. Désormais, Claude ne peut plus marcher sans aide. C'est le SAMU qui va intervenir et le transporter à l'hôpital où il finit par se paralyser complètement.

Les enquêteurs cherchent donc toujours l'origine du mal de Claude. Un mal qui a paralysé cet homme en pleine santé subitement. Pendant ce temps, Claude est prisonnier de son corps et souffre toujours le martyr.




Un mal si incroyable que ses proches ont filmé l'évolution de sa maladie. Sur cette vidéo, on voit le mal en train de le dévorer.

José : "Il m'a expliqué qu'il souffrait quand même énormément de toutes ses articulations, de tous ses muscles. Ce n'était plus qu'une douleur en fait. Il me dit je suis une douleur."
Élisa : "On pouvait pas le toucher, c'était très douloureux. Il avait un visage extrêmement angoissé, il me regardait tout le temps, mais on se parlait très peu."
Sa paralysie si soudaine pousse toujours question. Désormais, grâce au récit de José, les médecins enquêteurs vont échafauder une première hypothèse. Celle d'un choc quelques jours avant les faits.
José : "Je me suis aussi posé la question de savoir s'il n'était pas tombé, s'il n'avait pas eu un traumatisme cervical."
Car Claude est un homme bricoleur. Il aurait pu se faire mal dans une chute ou plus simplement au cours d'un accident de voiture. Mais les examens vont démontrer que cela ne peut pas être le cas.
Médecin : "Si vous avez une paralysie d'un ou de deux bras ou des deux jambes, on le reliera tout de suite au traumatisme de la colonne vertébrale. Dans son cas à lui, il n'y avait pas de traumatisme de colonne vertébrale."
L'hypothèse d'un traumatisme ne tient pas. L'enquête continue. Les médecins s'appuient sur le témoignage de Claude qui continue de souffrir atrocement. Ses symptômes vont mettre les médecins sur une nouvelle piste. Ce phénomène effrayant cacherait-il une maladie bien connue des médecins ? La sclérose en plaques.
José : "C'est une maladie neurologique qui entraîne également des pertes de force, une perte de la sensibilité musculaire."
Les enquêteurs vont alors explorer cette piste, car comme on le voit sur cette image, Claude est sans force. Mais problème, la sclérose en plaques présente une grosse différence avec le mal qui touche Claude.
José : "La sclérose en plaques, ça n'est pas soudain, ça se fait dans le temps, sur plusieurs mois, voir sur plusieurs années, il y a des symptômes avant coureurs."
La thèse de la sclérose en plaques est donc abandonnée. Après plusieurs heures, les experts ignorent toujours quel est ce mal qui emprisonne Claude dans son propre corps.




Claude : "Je m'étouffe progressivement, tous les muscles s'éteignent. C'est très paniquant parce que je veux bien mourir, mais je veux savoir de quoi quelque part."
Les médecins enquêteurs vont alors réinterroger Claude. Ils veulent savoir si un événement inhabituel est survenu récemment. Et la victime va leur donner une étrange information. Claude raconte une expérience récente peu banale.
Claude : "Je revenais de vacances et quinze jours auparavant, en sortant de plongée, en retirant mon masque, j'ai une méduse qui m'a piqué l'œil. J'ai fait un choc terrible, j'ai été dans le coltard, j'ai eu des douleurs hyper violentes, il a fallu me ramener sur le bateau."
Les méduses qui piquent par l'intermédiaire de leurs filaments. Des piqûres qui touchent des milliers de vacanciers chaque année. Dans la majorité des cas, la victime s'en sort avec une vive douleur passagère. Mais certaines méduses sont mortelles pour l'homme. Les enquêteurs se demandent alors si cette piqûre qu'a reçu Claude à l'œil aurait pu aurait pu déclencher une paralysie aussi spectaculaire.
Médecin : "Une piqûre de méduse, ça ne s'accompagne pas de ce genre de problèmes neurologiques."
La possibilité d'une paralysie à cause de cette méduse est donc exclue. Claude est désormais presque totalement captif de son corps.
Élisa : "La paralysie prenait de plus en plus, c'est à dire que même s'il pouvait légèrement bouger les phalanges, tout d'un coup il ne pouvait plus en bouger que deux et puis une et puis jusqu'à l'extinction totale."
Mais alors que rien ne semble pouvoir dénouer cette affaire, un petit détail va éveiller les soupçons de l'un des médecins. Une observation qui va lui donner la clé de l'énigme.
Médecin : "Le fait qu'il y ait ces paralysies progressives qui vont du bas vers le haut, ça c'est typique. Et c'est vraiment symétrique, c'est pas un membre qui est plus paralysé que l'autre. C'est les deux en même temps et ça monte, ça monte, ça monte."
La paralysie de Claude n'est pas survenue par hasard. Pour les experts cette observation est capitale. Elle va les mettre sur une nouvelle piste, celle d'une maladie redoutable.
Claude : "A leur visage, à leur manière d'être, je comprends que ça doit être grave. Et à un moment j'entends un mot quoi. J'entends le mot, ah ça serait peut-être un syndrome, le syndrome de Guillain-Barré."



Le syndrome de Guillain-Barré


Du nom de deux neurologues français, Jean-Alexandre Barré et Georges Guillain. Nous sommes en 1916. L'Europe traverse la plus grande tragédie de son histoire. En pleine première guerre mondiale, ces deux neurologues étudient la paralysie sans explication de deux soldats français. Une paralysie d'autant plus étrange car les soldats ne semblent pas avoir reçu de choc. En observant les deux malades, ils vont faire une découverte tout simplement incroyable. Le système immunitaire des soldats qui les défend contre les maladies s'est retourné contre eux de façon inexpliquée.
Médecin : "Normalement le système immunitaire s'attaque aux corps étrangerx, au virus, à la bactérie, au cancer, à tous qui n'ont pas le même ADN que nous. Mais dans ce cas particulier, le système immunitaire va s'emballer et non seulement il va s'attaquer au corps étranger mais il va s'attaquer à vous même, à votre propre corps, à votre propre ADN. Il ne va plus reconnaître votre ADN comme vous appartenant, il va penser que c'est quelque chose d'étranger aussi."
En clair, le système immunitaire devient fou. Les défenses naturelles se trompent d'ennemis et vont tout simplement détruire toute trace de vie.
José : "Pour parler simple, ça mange les nerfs. Ce sont des cellules, nos propres cellules, des cellules de défense de notre organisme qui se retournent contre notre propre organisme et qui grignotent, qui mangent les nerfs. Si on n'a plus de nerfs, on se paralyse complètement."
Ce syndrome est rarissime. Il touche environ deux personnes sur cent mille chaque année mais dans cinq pour cent des cas, il peut entraîner la mort. Certains experts pensent que ce sont les mêmes séquelles de cette maladie qui ont cloué le président américain Franklin Roosevelt dans son fauteuil roulant. Un syndrome que cet homme sportif en parfaite santé aurait contracté à 39 ans, en pleine force de l'âge. La particularité de ce mal étrange, c'est sa rapidité.
José : "Ce qu'il faut savoir, c'est que le Guillain-Barré, c'est très soudain. Vous pouvez la veille être parfaitement bien, le lendemain matin, votre urgence."
Un mal soudain, mais qui frappe peut être pour une raison. L'attaque de l'organisme par un virus semble être le point de départ de cette maladie étonnante.
Médecin : "On a montré que de manière extrêmement rare, certaines piqûres de tiques qu'on peut attraper en forêt, par exemple, pouvaient entraîner ce symptôme. Certaines gastro-entérite avec une bactérie très particulière peut là encore, de manière rarissime, entraîner un syndrome de Guillain-Barré."
Grâce à ces nouveaux éléments, les enquêteurs vont mettre en lumière le scénario qui a conduit Claude à se paralyser de façon aussi subite. Dès le samedi, Claude sentait dans ses mains et dans ses pieds ce qu'il appelait des fourmis. En fait, le début de la maladie.




Médecin : "C'est le début de la destruction du nerf qui entraîne des fausses sensations de picotement."
Les enquêteurs cherchent alors à comprendre comment cet homme en parfaite santé a pu attraper ce syndrome de Guillain-Barré. En questionnant Claude, ils vont tomber sur un indice particulièrement intéressant.
Claude : "J'ai eu aussi une otite complètement atypique quinze jours avant et j'ai eu une douleur pendant pratiquement deux, trois heures dans la nuit. Et mon tympan s'est crevé."

Une information capitale !

Médecin : "Classiquement, on sait que les syndromes de Guillain-Barré peuvent être déclenchés par des virus. La plupart des otites sont virales."
Ce serait donc cette otite particulièrement violente qui serait en cause. Elle aurait emballé le système immunitaire de Claude et provoqué la paralysie. Claude a désormais mis un nom sur sa maladie. Dans soixante-dix pour cent des cas, ce syndrome guérit au bout de quelques semaines. Souvent sans séquelles importantes. Mais pas pour Claude.
Médecin : "Des examens ont montré qu'il avait la forme la plus grave. Mais que cette forme était restée vraiment localisée au tronc et au membre. Elle n'était pas montée plus haut."
A ce moment là de l'affaire, tout le monde pense qu'il ne marchera plus. Car à l'intérieur de son corps, les nerfs sont tous détruits. Et les experts vont annoncer la nouvelle à sa femme.
Claude : "Le médecin scelle son diagnostique coup de poing dans la gueule : Mais vous n'avez pas compris, madame, quand y'a plus d'jus y'a plus d'jus ! Malheureusement, votre mari ne remarchera plus. Là, c'est terrible !"
Claude est désormais prisonnier de son corps. Mais il décide de se battre pour remarcher un jour. Durant toute une année, d'hôpitaux en centre de rééducation, Claude lutte au quotidien, avec une force mentale décuplée.
Claude : "J'ai compris que c'était mon corps qui me détruisait. Et mon énergie du désespoir c'était si mon corps m'a détruit, mon corps peut me reconstruire."
Trois mois après le début du mal, alors que l'affaire semble s'arrêter là, l'incroyable se produit. Grâce à sa volonté et au traitement médical, l'espoir devient réalité. Un jour, Claude réussit à faire bouger l'un de ses doigts.




Claude : "La plus belle érection de ma vie c'est celle de mon petit doigt. C'est marrant, c'est souriant mais ça dit tout. Ca veut dire qu'il y a un torrent d'émotions. Passé trois mois sans bouger, plus de trois mois sans bouger d'ailleurs. Et d'un seul coup, penser bouger et ça arrive. Sauf que c'était juste un tout petit doigt."
Claude va retrouver l'usage de ses membres au fil des mois. Et se libérer de sa prison corporelle comme le montre cette vidéo amateur tournée par sa famille.
Claude : "J'y suis arrivé. J'y suis arrivé. Incroyable ! Mon premier verre."
Petit à petit, Claude va même se mettre debout. Une guérison quasi inespérée.
Fils de Claude : "Vu son atteinte qui était extrêmement profonde, extrêmement aiguë. Il y avait quasiment aucune chance qu'il s'en sorte comme il s'en est sorti aujourd'hui."
Médecin : "Si vous êtes scientifique, vous diriez que c'est un cas atypique. C'est quelque chose, on va dire d'un peu inattendu. Mais en médecine, heureusement il y a des choses inattendues."
Aujourd'hui, Claude a regagné l'usage de la quasi totalité de son corps. Après des mois de calvaire, il profite désormais de chaque seconde.
Claude : "Bon, j'ai la chance d'être debout. Je pense à tous mes amis qui sont en fauteuil roulant, qui sont encore handicapés lourdement. Bien sûr, même si aujourd'hui je marche, j'ai une béquille de temps en temps. J'ai des douleurs, vous voyez, j'ai quelques séquelles. Mais c'est quoi ? Je suis debout."
Guillain-Barré, un phénomène terrifiant capable d'enfermer un homme dans son propre corps en quelques heures. Un syndrome rarissime qui ne touche que mille personnes chaque année en France.

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Claude PINAULT :
Un homme debout



A l'hôpital d'Orléans, Claude Pinault, un chef d'entreprise, est arrivé aux urgences. L'homme développe des symptômes peu habituels. Comme rongé de l'intérieur, son corps se paralyse petit à petit.
Claude : "Je m'étouffe progressivement, tous les muscles s'éteignent. C'est très paniquant parce que je veux bien mourir mais je veux savoir de quoi quelque part.".
De jour en jour, son état empire. Cet homme pourtant actif se retrouve tétraplégique.
Élisa : "Il pouvait légèrement bouger les phalanges. Tout d'un coup, il ne pouvait plus en bouger que deux et puis une et puis jusqu'à l'extinction totale."
Comment un homme en bonne santé peut-il vivre du jour au lendemain un tel enfer ? Comment expliquer cette paralysie foudroyante ?

Retour sur un phénomène rarissime.


Nous sommes en septembre 2005 à Orléans. Une ambulance fonce vers les urgences. A son bord, Claude Pinault, 54 ans, un chef d'entreprise à qui la vie souriait jusque là. En quelques minutes, sa vie va basculer. Une heure plus tôt, il vient de faire un malaise. Le SAMU l'emmène d'urgence au service de réanimation. Claude est alors loin de s'en douter, mais il va vivre un véritable cauchemar. Un mal mystérieux et foudroyant vient de le frapper.
Claude : "J'étais KO, KO couché. Sur l'instant, c'est quelque chose de très paniquant."
Claude est installé dans une chambre d'hôpital. Les médecins s'affairent autour de lui. Il est conscient mais pétri de douleur. Un sentiment étrange le gagne, comme si son corps était possédé, comme dévoré de l'intérieur.
Claude : "J'ai l'impression d'être bouffé de l'intérieur par des chiens. J'ai l'impression que mes os se cassent en deux. J'ai l'impression que mes chairs se déchirent. Et je demande vous ne pourriez pas me donner des anthalgiques ? Et on me répond : Mais vous avez la dose maximum. Ah ouais !"
Pour soulager ses douleurs, les médecins doivent déterminer le mal qui le touche. Ils le questionnent, l'auscultent. Mais après toute une batterie d'examens, c'est l'incompréhension. Tout le service est dans l'impasse. Il ne parvient pas à mettre un nom sur le mal qui touche Claude. Ses proches restent incrédules devant ce qui se passe.
Fils de Claude : "On avait qu'une envie, c'était de poser des questions à ceux qui pouvaient nous répondre. La difficulté c'est qu'en fait les médecins n'en savaient pas vraiment plus."
Claude : "Je suis dans un service de réanimation. Tout est hyper sophistiqué. J'ai des médecins sans doute brillants j'imagine. Des spécialistes. Et ils ne savent pas ce que j'ai. Donc c'est très paniquant ça."
Des médecins interloqués. un phénomène étrange se déroule sous leurs yeux. Au fil des minutes, l'incroyable se produit, Claude est en train de se paralyser. Il a comme la sensation d'être prisonnier de son propre corps.
Élisa : "Je me suis dit bon, ça va monter, la paralysie monte, donc ses poumons, son coeur vont être atteints et oui, j'ai cru qu'il allait mourir."
Quelques heures apès son admission à l'hôpital, Claude est quasiment tétraplégique. Il ne peut désormais bouger que ses mains et sa tête. Il lui reste encore la parole. Comment cet homme en pleine forme a-t-il pu sans raison se paralyser si vite du jour au lendemain ? Quel est donc ce mal mystérieux qui le fout droit comme s'il était possédé ?
Claude : "C'était inquiétant, voire angoissant."
C'est au terme d'une enquête minutieuse que les médecins et ses proches vont découvrir l'incroyable clé de cet énigme. Un phénomène dévastateur et rarissime qui peut frapper n'importe qui à n'importe quel moment et faire basculer une vie dans le cauchemar.

Au soir de son admission, les médecins enquêteurs s'interrogent sur le cas de Claude. Ils vont alors faire appel à ce témoin direct de l'affaire, un ami de Claude. Il s'appelle José. Il est kinésithérapeute. Ensemble, ils vont retracer le fil des dernières 48 heures. Tout d'abord, José va leur dresser le portrait de Claude, un homme sain, sans problème de santé, en apparence.

José : "C'est quelqu'un de très très actif, très dynamique, qui travaille énormément, qui allait bien globalement. Je l'ai toujours connu, très bien."
Mais si Claude n'avait pas de problème de santé connu, José a de nombreuses informations à livrer. Deux jours avant son admission à l'hôpital, Claude était préoccupé par des symptômes. Nous sommes le samedi matin. Claude est chez lui. Il prépare sa semaine à venir. Mais un phénomène étrange va se produire.
Claude : "J'ai eu des picotements dans les doigts d'une manière symétrique. Et surtout, j'ai eu comme une grande fatigue qui m'envahissait. Et au cours de la journée, ces picotements, ces fourmis, que je qualifie de fourmis, vont commencer à se propager dans mes mains en entier, les deux. Et même, ça commence à nouveau dans mes doigts de pied. Donc ça devient de la folie, quoi. Qu'est-ce qui peut se passer pour que j'ai cette sensation ?"
Mais Claude ignore ces désagréments et ne prévient personne dans son entourage jusqu'au dimanche matin.
Claude : "Le dimanche matin, quand je me lève pour aller prendre ma douche, je sais que je vais très, très mal. Je me cogne partout. Je tombe dans la douche. Là, c'est très troublant. C'est assez paniquant, quoi."
Un phénomène que les enquêteurs ne parviennent pas à s'expliquer. Claude s'est-il empoisonné ? A-t-il été piqué sans le savoir par un insecte ? Est-il sous une influence maléfique ? Ils vont alors reprendre l'interrogatoire de José pour retracer le fil des événements. Nous sommes le dimanche matin. José explique que la femme de Claude, Elisa, vient de découvrir l'état de santé de son mari. Elle est morte d'inquiétude et décide donc d'appeler deux amis médecins ainsi que José, le kinésithérapeute.
José : "J'ai donc vu sa femme qui m'a dit que Claude ne va pas très bien, il est bizarre, je ne sais pas ce qu'il a. Je suis donc allé le voir dans sa chambre."
Allongé face à ses amis, Claude a les plus grandes difficultés à coordonner ses mouvements. Ses réflexes ont même disparu.
Claude : Ils sont devant mon lit, moi je suis déjà presque enterré vivant. Ce que je suis. Je me paralyse et je les vois faire les cent pas, se poser des questions."
José explique aux enquêteurs qu'au fil des minutes, l'état de santé de Claude empire.
Claude : "J'ai l'impression d'être pris dans des filets, tout se resserre et je commence à avoir des douleurs en plus de cet engourdissement. Et là je sentais que c'était quelque chose, un tsunami qui commençait à arriver."
José : "J'ai senti une grande, grande inquiétude quand même, une angoisse, se demandant ce qu'il avait, qu'est ce que je peux bien avoir ?"
Malgré les conseils de son entourage, Claude refuse de partir immédiatement à l'hôpital. Nous sommes dimanche soir, il ne veut pas passer la nuit aux urgences.
Claude : "J'avais un agenda complet, tout un tas de rendez vous professionnels, personnels. J'avais beaucoup d'activités, je m'occupais d'associations, j'étais l'homme débordé. Donc il était hors de question pour moi de m'arrêter, arrêt maladie, j'ai jamais eu d'arrêt maladie quoi pratiquement."
Claude ne le sait pas encore mais sa vie est en train de basculer. Pour les médecins enquêteurs, c'est le mystère le plus total. Que cache ce phénomène foudroyant ? Virus ? Empoisonnement ? Envoûtement ? Toutes les pistes sont envisagées. Le lundi matin, ses symptômes ont empiré. Désormais, Claude ne peut plus marcher sans aide. C'est le SAMU qui va intervenir et le transporter à l'hôpital où il finit par se paralyser complètement.

Les enquêteurs cherchent donc toujours l'origine du mal de Claude. Un mal qui a paralysé cet homme en pleine santé subitement. Pendant ce temps, Claude est prisonnier de son corps et souffre toujours le martyr. Un mal si incroyable que ses proches ont filmé l'évolution de sa maladie. Sur cette vidéo, on voit le mal en train de le dévorer.

José : "Il m'a expliqué qu'il souffrait quand même énormément de toutes ses articulations, de tous ses muscles. Ce n'était plus qu'une douleur en fait. Il me dit je suis une douleur."
Élisa : "On pouvait pas le toucher, c'était très douloureux. Il avait un visage extrêmement angoissé, il me regardait tout le temps, mais on se parlait très peu."
Sa paralysie si soudaine pousse toujours question. Désormais, grâce au récit de José, les médecins enquêteurs vont échafauder une première hypothèse. Celle d'un choc quelques jours avant les faits.
José : "Je me suis aussi posé la question de savoir s'il n'était pas tombé, s'il n'avait pas eu un traumatisme cervical."
Car Claude est un homme bricoleur. Il aurait pu se faire mal dans une chute ou plus simplement au cours d'un accident de voiture. Mais les examens vont démontrer que cela ne peut pas être le cas.
Médecin : "Si vous avez une paralysie d'un ou de deux bras ou des deux jambes, on le reliera tout de suite au traumatisme de la colonne vertébrale. Dans son cas à lui, il n'y avait pas de traumatisme de colonne vertébrale."
L'hypothèse d'un traumatisme ne tient pas. L'enquête continue. Les médecins s'appuient sur le témoignage de Claude qui continue de souffrir atrocement. Ses symptômes vont mettre les médecins sur une nouvelle piste. Ce phénomène effrayant cacherait-il une maladie bien connue des médecins ? La sclérose en plaques.
José : "C'est une maladie neurologique qui entraîne également des pertes de force, une perte de la sensibilité musculaire."
Les enquêteurs vont alors explorer cette piste, car comme on le voit sur cette image, Claude est sans force. Mais problème, la sclérose en plaques présente une grosse différence avec le mal qui touche Claude.
José : "La sclérose en plaques, ça n'est pas soudain, ça se fait dans le temps, sur plusieurs mois, voir sur plusieurs années, il y a des symptômes avant coureurs."
La thèse de la sclérose en plaques est donc abandonnée. Après plusieurs heures, les experts ignorent toujours quel est ce mal qui emprisonne Claude dans son propre corps.
Claude : "Je m'étouffe progressivement, tous les muscles s'éteignent. C'est très paniquant parce que je veux bien mourir, mais je veux savoir de quoi quelque part."
Les médecins enquêteurs vont alors réinterroger Claude. Ils veulent savoir si un événement inhabituel est survenu récemment. Et la victime va leur donner une étrange information. Claude raconte une expérience récente peu banale.
Claude : "Je revenais de vacances et quinze jours auparavant, en sortant de plongée, en retirant mon masque, j'ai une méduse qui m'a piqué l'œil. J'ai fait un choc terrible, j'ai été dans le coltard, j'ai eu des douleurs hyper violentes, il a fallu me ramener sur le bateau."
Les méduses qui piquent par l'intermédiaire de leurs filaments. Des piqûres qui touchent des milliers de vacanciers chaque année. Dans la majorité des cas, la victime s'en sort avec une vive douleur passagère. Mais certaines méduses sont mortelles pour l'homme. Les enquêteurs se demandent alors si cette piqûre qu'a reçu Claude à l'œil aurait pu aurait pu déclencher une paralysie aussi spectaculaire.
Médecin : "Une piqûre de méduse, ça ne s'accompagne pas de ce genre de problèmes neurologiques."
La possibilité d'une paralysie à cause de cette méduse est donc exclue. Claude est désormais presque totalement captif de son corps.
Élisa : "La paralysie prenait de plus en plus, c'est à dire que même s'il pouvait légèrement bouger les phalanges, tout d'un coup il ne pouvait plus en bouger que deux et puis une et puis jusqu'à l'extinction totale."
Mais alors que rien ne semble pouvoir dénouer cette affaire, un petit détail va éveiller les soupçons de l'un des médecins. Une observation qui va lui donner la clé de l'énigme.
Médecin : "Le fait qu'il y ait ces paralysies progressives qui vont du bas vers le haut, ça c'est typique. Et c'est vraiment symétrique, c'est pas un membre qui est plus paralysé que l'autre. C'est les deux en même temps et ça monte, ça monte, ça monte."
La paralysie de Claude n'est pas survenue par hasard. Pour les experts cette observation est capitale. Elle va les mettre sur une nouvelle piste, celle d'une maladie redoutable.
Claude : "A leur visage, à leur manière d'être, je comprends que ça doit être grave. Et à un moment j'entends un mot quoi. J'entends le mot, ah ça serait peut-être un syndrome, le syndrome de Guillain-Barré."

Le syndrome de Guillain-Barré


Du nom de deux neurologues français, Jean-Alexandre Barré et Georges Guillain. Nous sommes en 1916. L'Europe traverse la plus grande tragédie de son histoire. En pleine première guerre mondiale, ces deux neurologues étudient la paralysie sans explication de deux soldats français. Une paralysie d'autant plus étrange car les soldats ne semblent pas avoir reçu de choc. En observant les deux malades, ils vont faire une découverte tout simplement incroyable. Le système immunitaire des soldats qui les défend contre les maladies s'est retourné contre eux de façon inexpliquée.
Médecin : "Normalement le système immunitaire s'attaque aux corps étrangerx, au virus, à la bactérie, au cancer, à tous qui n'ont pas le même ADN que nous. Mais dans ce cas particulier, le système immunitaire va s'emballer et non seulement il va s'attaquer au corps étranger mais il va s'attaquer à vous même, à votre propre corps, à votre propre ADN. Il ne va plus reconnaître votre ADN comme vous appartenant, il va penser que c'est quelque chose d'étranger aussi."
En clair, le système immunitaire devient fou. Les défenses naturelles se trompent d'ennemis et vont tout simplement détruire toute trace de vie.
José : "Pour parler simple, ça mange les nerfs. Ce sont des cellules, nos propres cellules, des cellules de défense de notre organisme qui se retournent contre notre propre organisme et qui grignotent, qui mangent les nerfs. Si on n'a plus de nerfs, on se paralyse complètement."
Ce syndrome est rarissime. Il touche environ deux personnes sur cent mille chaque année mais dans cinq pour cent des cas, il peut entraîner la mort. Certains experts pensent que ce sont les mêmes séquelles de cette maladie qui ont cloué le président américain Franklin Roosevelt dans son fauteuil roulant. Un syndrome que cet homme sportif en parfaite santé aurait contracté à 39 ans, en pleine force de l'âge. La particularité de ce mal étrange, c'est sa rapidité.
José : "Ce qu'il faut savoir, c'est que le Guillain-Barré, c'est très soudain. Vous pouvez la veille être parfaitement bien, le lendemain matin, votre urgence."
Un mal soudain, mais qui frappe peut être pour une raison. L'attaque de l'organisme par un virus semble être le point de départ de cette maladie étonnante.
Médecin : "On a montré que de manière extrêmement rare, certaines piqûres de tiques qu'on peut attraper en forêt, par exemple, pouvaient entraîner ce symptôme. Certaines gastro-entérite avec une bactérie très particulière peut là encore, de manière rarissime, entraîner un syndrome de Guillain-Barré."
Grâce à ces nouveaux éléments, les enquêteurs vont mettre en lumière le scénario qui a conduit Claude à se paralyser de façon aussi subite. Dès le samedi, Claude sentait dans ses mains et dans ses pieds ce qu'il appelait des fourmis. En fait, le début de la maladie.
Médecin : "C'est le début de la destruction du nerf qui entraîne des fausses sensations de picotement."
Les enquêteurs cherchent alors à comprendre comment cet homme en parfaite santé a pu attraper ce syndrome de Guillain-Barré. En questionnant Claude, ils vont tomber sur un indice particulièrement intéressant.
Claude : "J'ai eu aussi une otite complètement atypique quinze jours avant et j'ai eu une douleur pendant pratiquement deux, trois heures dans la nuit. Et mon tympan s'est crevé."

Une information capitale !


Médecin : "Classiquement, on sait que les syndromes de Guillain-Barré peuvent être déclenchés par des virus. La plupart des otites sont virales."
Ce serait donc cette otite particulièrement violente qui serait en cause. Elle aurait emballé le système immunitaire de Claude et provoqué la paralysie. Claude a désormais mis un nom sur sa maladie. Dans soixante-dix pour cent des cas, ce syndrome guérit au bout de quelques semaines. Souvent sans séquelles importantes. Mais pas pour Claude.
Médecin : "Des examens ont montré qu'il avait la forme la plus grave. Mais que cette forme était restée vraiment localisée au tronc et au membre. Elle n'était pas montée plus haut."
A ce moment là de l'affaire, tout le monde pense qu'il ne marchera plus. Car à l'intérieur de son corps, les nerfs sont tous détruits. Et les experts vont annoncer la nouvelle à sa femme.
Claude : "Le médecin scelle son diagnostique coup de poing dans la gueule : Mais vous n'avez pas compris, madame, quand y'a plus d'jus y'a plus d'jus ! Malheureusement, votre mari ne remarchera plus. Là, c'est terrible !"
Claude est désormais prisonnier de son corps. Mais il décide de se battre pour remarcher un jour. Durant toute une année, d'hôpitaux en centre de rééducation, Claude lutte au quotidien, avec une force mentale décuplée.
Claude : "J'ai compris que c'était mon corps qui me détruisait. Et mon énergie du désespoir c'était si mon corps m'a détruit, mon corps peut me reconstruire."
Trois mois après le début du mal, alors que l'affaire semble s'arrêter là, l'incroyable se produit. Grâce à sa volonté et au traitement médical, l'espoir devient réalité. Un jour, Claude réussit à faire bouger l'un de ses doigts.
Claude : "La plus belle érection de ma vie c'est celle de mon petit doigt. C'est marrant, c'est souriant mais ça dit tout. Ca veut dire qu'il y a un torrent d'émotions. Passé trois mois sans bouger, plus de trois mois sans bouger d'ailleurs. Et d'un seul coup, penser bouger et ça arrive. Sauf que c'était juste un tout petit doigt."
Claude va retrouver l'usage de ses membres au fil des mois. Et se libérer de sa prison corporelle comme le montre cette vidéo amateur tournée par sa famille.
Claude : "J'y suis arrivé. J'y suis arrivé. Incroyable ! Mon premier verre."
Petit à petit, Claude va même se mettre debout. Une guérison quasi inespérée.
Fils de Claude : "Vu son atteinte qui était extrêmement profonde, extrêmement aiguë. Il y avait quasiment aucune chance qu'il s'en sorte comme il s'en est sorti aujourd'hui."
Médecin : "Si vous êtes scientifique, vous diriez que c'est un cas atypique. C'est quelque chose, on va dire d'un peu inattendu. Mais en médecine, heureusement il y a des choses inattendues."
Aujourd'hui, Claude a regagné l'usage de la quasi totalité de son corps. Après des mois de calvaire, il profite désormais de chaque seconde.
Claude : "Bon, j'ai la chance d'être debout. Je pense à tous mes amis qui sont en fauteuil roulant, qui sont encore handicapés lourdement. Bien sûr, même si aujourd'hui je marche, j'ai une béquille de temps en temps. J'ai des douleurs, vous voyez, j'ai quelques séquelles. Mais c'est quoi ? Je suis debout."
Guillain-Barré, un phénomène terrifiant capable d'enfermer un homme dans son propre corps en quelques heures. Un syndrome rarissime qui ne touche que mille personnes chaque année en France.

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