Bonjour, nous sommes le mercredi 20 janvier. Merci d'être avec nous ce matin. Nous recevrons dans cette émission Jacques Perrin.
On est très heureux de l'accueillir en direct. Il a réalisé un film absolument magnifique qui nous dévoile toutes les richesses
et les beautés des habitants des mers.
Mieux qu'un plaidoyer ou qu'une grande conférence internationale, quand on voit ce film,
on prend conscience de la nécessité de protéger la planète.
On parlera avec lui des conditions de tournage incroyables. Ils ont inventé des caméras, des moyens techniques pour pouvoir suivre
au plus près des poissons qu'on découvre sous un jour tout à fait nouveau. Voilà donc notre invité.
Autre invité, Claude Pinault, qui est avec nous et qui va vous raconter un témoignage incroyable. Claude s'est retrouvé victime
d'une grave maladie, le syndrome de Guillain-Barré. Il s'est battu pendant 300 jours, entièrement paralysé dans son corps.
Seul son cerveau continuait à marcher, à vagabonder. Il va nous raconter que le pouvoir de l'esprit, la conviction de la force
mentale, comment cela lui a permis de s'en sortir.
Vous allez témoigner dans un instant.
Vous pouvez réagir sur ce témoignage au 3245. Alexandre est là et attend vos appels.
Oui, bonjour. Alors mis à part le fait que toute la France, effectivement, nous envoie des mails sur le fait que vous soyez coupé
un petit peu les cheveux...
Merci. Merci de le rappeler, puisque c'est très important. C'est une info capitale, ce matin.
Bah oui, mais tout le monde nous le dit en ce moment au standard. Donc le 3245, je vous le rappelle, il est fait pour vous.
Vous nous appelez, vous témoignez. On essaiera de prendre beaucoup beaucoup de coups de téléphone à l'antenne. Je voudrais vous
citer un premier témoignage qu'on a eu ce matin de Domia de Strasbourg, qui ouvre bien le débat, qui nous disait... « Voilà.
Bonjour. Le mental est une valeur certaine de la guérison. Il y a huit ans, je suis sorti d'un cancer pour lequel j'étais condamné
parce que simplement je rêvais d'être grand-mère et je me suis battu. » Aujourd'hui, elle a deux petits-enfants de cinq et de un an.
t elle dit « Voilà. Le mental, une grande valeur pour la guérison ». Appelez-nous.
Et Claude, alors qu'il était paralysé, rêvait de remarcher un jour. Et c'est comme ça qu'il s'en est sorti. Il raconte cette
histoire et ce parcours dans un livre magnifique, primé d'ailleurs par le prix Parole Patient, Le Syndrome du BOCAL ,
aux éditions Buchet-Chastel. Et puis avec nous également, pour réagir à ce témoignage et nous éclairer, le docteur Juan David Nazio,
psychiatre et psychanalyste. Alors Richard, tout de suite, on va entrer dans le vif de cette histoire incroyable.
Rapidement, pour savoir un peu ce qu'est le Guillain-Barré aussi, puisque c'est environ mille sept cent personnes qui sont
touchées par
cette affection qui à une origine virale. En l'occurrence, vous, c'est une otite qui a atteint l'enveloppe du nerf mais aussi
l'axone, le cœur du nerf, ce qui fait que vous avez eu une forme très très grave, subaiguë, comme on l'appelle.
Et ça a été un travail
très très compliqué. Mais c'est grâce justement à l'abnégation. On va voir justement quelques images de votre hospitalisation.
Ce sont des images qui ont été tournées par vos enfants à l'hôpital, où on voit qu'à un moment, vous n'arrivez à rien bouger,
juste le petit doigt.
Et petit à petit, vous avez travaillé contre l'avis des médecins, puisqu'il y en a un qui vous a dit
quand il n'y a plus de jus... Il n'y a plus de jus.
Claude :
Et là, on voit cette image petit à petit.
Juste, Richard, on va rappeler que Claude fait une plongée, se fait piquer par une
méduse. Et cette oreille, ce virus, vous le découvrez quinze jours après, je crois.
C'est exactement ça. Et d'un seul coup, il y a eu cette paralysie. Et petit à petit, vous avez pu retrouver... Là, on vous
voit après, bien entendu. Grâce à cette pensée positive qui est véritablement un médicament... On va le montrer, on va en parler.
Avec votre épouse, vous avez pu réussir à vous en sortir.
Avec un travail considérable, l'appui des kinés. C'est presque vous qui mobilisez les kinés. On va revenir au départ. Que se
passe-t-il pendant ces deux jours où le virus s'attaque à votre oreille ?
Claude :
L'enveloppe du nerf.
Claude :
En réanimation, en devant changer d'hôpital, parce qu'au bout d'un certain temps...
Personne n'en voulait.
Personne n'en voulait.Personne ne voulait de vous. Et tout le monde était convaincu que vous ne vous en sortiriez pas valide.
Claude :
C'est ce qu'on appelle un Guillain-Barré subaiguë. C'est la forme la plus grave.
Je pensais à nouveau prendre mes enfants dans les bras, faire l'amour à ma femme.
Mais oui, d'une manière tellement viscérale comme on ne peut pas imaginer. Et j'étais sur mon lit, là, à air pulsé avec
les patchs, avec les sondes et tout. Donc je pensais, je me construisais ça. J'avais décidé de reprendre en fait les clés de mon
corps.
Mais quand le corps ne réagit absolument pas, il y a des moments de découragement total. Comment on peut garder cette conviction
alors que rien ne réagit, rien ne répond ?
Claude :
Il faut l'entraîner.
Claude :
Vous disiez qu'il y a une partie de mon cerveau qui n'est pas encore exploitée. Et grâce à mon mental, je vais aller y puiser les
forces nécessaires.
Claude :
Qu'est-ce qui bouge en premier ? Qu'est-ce qui vous raccroche à l'espoir ?
Claude :
Pardonnez-moi, c'est une question.
Claude :
Je vous laisse me poser l'exemple, parce que je connais la réponse.
Claude :
Mais physiquement, vous allez comment ?
Claude :
Vous utilisez toujours votre mental énormément. Vous vous anticipez. Et vous souffrez toujours.
Claude :
Parce que le nerf est toujours atteint.
Claude :
Alors je voudrais la réaction du...
Médecin :
La réaction, c'est formidable, parce que c'est la joie de quelqu'un qui s'est battu. Et on est devant le triomphe. C'est une matinée
de triomphe. Là, c'est magnifique, ce témoignage.
Mais sur le pouvoir de l'esprit, est-ce que vous en avez été témoin dans beaucoup d'autres cas ?
Médecin :
Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Est-ce que vous pouvez nous confirmer ?
Médecin :
Il faut savoir... Là, la question, c'est le mental. Peut-il nous guérir ? Il faut savoir une chose essentielle. Oui, il peut nous
guérir ou tout au moins favoriser la guérison, parce qu'il faut pas non plus croire qu'on peut tout et que l'homme est Superman.
Non ! On peut aider la guérison. Ça, c'est sûr. Et il faut avoir ce mental positif. Positif veut dire être convaincu que ce que nous
voulons sera réussi.
Oui, mais quand vous dites qu'il faut avoir ce mental positif, c'est pas toujours évident pour tout le monde. On la puise où, la force ?
On la puise où ?
Médecin :
Alors Sophie, d'abord, si vous touchez la question essentielle que j'aurais aimé récupérer de ce témoignage magnifique. C'est
qu'effectivement, vous me permettez que je vous fasse un peu de psychologie, là, devant tout le monde.
Je vais m'allonger. J'ai l'habitude. J'ai passé trois cent jours sur le divan.
Médecin :
Eh bien Claude Pinault était déjà quelqu'un qui se battait.
De résilient.
Médecin :
C'est un battant. Claude Pinault était un battant avant de tomber malade. Ça, il faut le savoir.
Claude :
Non, parce qu'il y a une histoire personnelle difficile, douloureuse.
Médecin :
Et je pense que le mental peut bien nous aider à guérir, mais il faut une personnalité avant qu'il soit déjà bien pour qu'on soit
prêt au défi.
Mais la maladie peut révéler aussi une personnalité.
Médecin :
Absolument
La maladie peut révéler une personnalité, mais il faut savoir qu'il faut une base, une structure de personnalité qui s'y prête.
Pour savoir que... Bon, Claude a eu la mauvaise chance de trouver un premier médecin qui a mal réagi puisqu'il a asséné la vérité
alors qu'il n'en avait pas. Mais ce qui est intéressant, c'est que lorsqu'on a une pensée positive, lorsqu'on y croit, eh bien ça
donne force au médecin. Un autre médecin, je veux dire, ça lui fait croire au médecin qu'il peut réussir aussi.
Claude :
Ça serait bien que le médecin nous emmène aussi dans un élan d'espoir.
Claude :
J'allais en fauteuil roulant dans les salles de musculation et je soulevais des tonnes de grammes. J'avais des engins pneumatiques
à commande têtière. J'y allais. Et les médecins et les kinés poussaient la porte et me disaient « Mais il faut que tu sortes.
Il faut que tu te reposes. Ça va être à l'encontre de ta récupération ». Et puis, ben non, on pouvait pas m'attacher. Et en fait,
après coup, ils m'ont dit « On t'a laissé faire un peu comme une expérience ».
Et puis finalement, ben oui, je crois vraiment que
la fonction crée l'organe, quoi. Si on veut les plus grandes barrières infranchissables, c'est nous-mêmes qui nous les posons devant,
quoi. Si on dit « Je ne suis pas capable ». D'ailleurs, tout à l'heure, il y a quelque temps, j'ai répondu en disant « Je ne peux
plus courir ». J'étais en train de me dire « Mais oh là là, je suis en train de me dire ça, donc je vais pas courir ». Alors
maintenant, j'ai décidé « Je vais courir ». C'est le seul moyen. Sinon, je suis coincé.
Je voudrais remercier Céline Lis, et vous conseiller la lecture de ce livre, « L'Impatiente », publié chez Jean-Claude Lattès.
Je voudrais prendre le témoignage de Françoise et passer la parole à Alexandre aussi, parce qu'on réagit beaucoup. Vous voulez
peut-être parler avant, Alexandre ?
Si vous voulez, oui, bien sûr. D'abord, alors je voudrais citer plein de noms comme Nicole, Marie-Josée, Chantal, Éliane.
Toutes ces charmantes dames et messieurs sont absolument passionnées par cette émission et ont vécu ce même genre de problèmes et ont
guéri grâce à la force de leur volonté. Isabelle, en revanche, de Marseille, nous dit attention. Le témoignage de votre invité est un bon
message d'espoir. Mais il ne faut pas que ceux qui se battent actuellement contre une maladie grave et ne s'en sortent pas se sentent
coupables et pensent que leur échec est dû à leur manque de volonté.
Très important.
Très important. Et également, alors une question qui revient, mais alors très très fréquemment ce matin dans les mails, c'est autour
de la religion. On me parle de croyances religieuses, de pèlerinage, de lourdes, de guérisons spontanées, de maladies dites incurables.
Est-ce qu'on peut crier au miracle ?
Alors Claude, là-dessus ?
Claude :
Dites-donc, vous les décrivez, vous les appréciez.
Claude :
Je comprends. C'est la vie.
Claude :
C'est la gourmandise de la vie.
Claude :
Au sein des infirmières.
Claude :
A condition que l'épouse accepte.
Claude :
Alors Françoise est avec nous au téléphone. Bonjour, Françoise.
Témoignage :
Oui, bonjour.
Vous avez soixante-deux ans ans. Vous avez aussi été atteinte d'une maladie de Guillain-Barré avec une tétraplégie complète.
Témoignage :
Oui.
Et vous en êtes où aujourd'hui, Françoise ?
Témoignage :
Oh bah y a plus rien de visible. J'ai complètement récupéré.
Est-ce que vous vous reconnaissez dans le témoignage, Claude Pinault ?
Témoignage :
Je suis toute émue parce que ça m'a ramenée douze ans en arrière. Ça m'a rapporté toutes ces choses que je n'avais pas oubliées,
bien sûr, mais qui étaient quand même un peu enfouies.Non. La grosse différence avec Claude Pinault, c'est que le médecin qui m'a
diagnostiqué le Guillain-Barré à Montpellier m'a dit tout de suite que c'était une maladie complètement réversible, contrairement
à la polio, que je me retrouverais exactement comme j'étais avant. Et je dois dire que ça, ça a été mon moteur.
Est-ce que c'était une forme grave que vous aviez ?
Témoignage :
Bah écoutez, je suis allée jusqu'à la tétraplégie complète, mais moi, je n'en ai jamais su plus que ça. Tout ce que je sais,
c'est qu'on m'a mise en coma thérapeutique pour pouvoir avoir toutes les assistances nécessaires quand il n'y avait plus rien qui
fonctionnait. Parce qu'effectivement, à la fin, il n'y a plus rien. Il n'y a que le cœur et le cerveau.
OK, Françoise. Une réaction de Claude qui m'en sait plus que les médecins là-dessus, puisque dans son livre, il y a une description
sur l'objet pathologique incroyable.
Claude :
Oui, mais vous, ça a duré plus de quatre semaines.
Claude :
Et puis c'est le cœur du nerf qui est touché chez vous.
Claude :
C'est la durée de la phase d'installation.
Claude :
Alexandre, pour terminer.
À travers Soazic de Alere et Marie-Isabelle de Tournefeuille, voilà, il faudrait donner un grand remerciement à tous les kinés
et à toutes les infirmières, voilà, qui sont des aides immenses dans ces moments. Voilà, beaucoup de messages d'infirmières.
Claude :
Alors je vous invite à lire ce livre, Le Syndrome du BOCAL, prix Paroles de Patients, donc par Claude Pinault. Je vous
invite à lire celui de Céline Lis, L'impatiente chez Jean-Claude Lattès.
Et toutes les informations aussi, justement, sur d'autres ouvrages sur le site de l'émission.
Médecin :
Je voulais dire un mot simplement pour les questions qui ont été posées. Pour avoir une pensée positive, il faut toujours s'appuyer
sur quelqu'un. C'est très important d'avoir non seulement une base dans une personnalité, mais il faut toujours un compagnon, que ce
soit votre épouse, que ce soit un médecin qui vous accompagne, que ce soit Dieu. Attention. Peu importe. La pensée positive, elle est
toujours une source positive à condition qu'il y ait toujours quelqu'un qui nous soutienne.
Merci à tous les deux d'être venus nous voir. C'était passionnant.
J'espère que vous avez trouvé un écho. De toute façon, vous en trouverez un à la lecture de ces deux livres.
Merci d'être venus nous voir.
Claude :
Et bon courage pour le marathon. Ce sera le prochain à New York.
Claude :
Très bien. On vous suivra.
......
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