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Le Syndrome du BOCAL
Éditions BUCHET-CHASTEL


Le Syndrome du BOCAL
En livre de poche
Éditions J'AI LU


J'ai choisi de ME BATTRE, j'ai choisi de GUÉRIR
Éditions ROBERT LAFFONT

Dans ce livre d'entretien, la psychologue et écrivaine française Marie de HENNEZEL revient avec Claude PINAULT sur les différentes techniques qu'il a instinctivement développées pour arriver à une forme de guérison... Et notamment sur ses clefs mentales qu'il a utilisées pour redevenir un "homme debout".


Le Laboratoire du Bonheur :
Éditions SOLAR



Ce livre, en explorant le rapport à soi-même pour ensuite revisiter le rapport au monde, invite à aimer le chemin de la vie tel qui s’offre. Les auteurs - dont Claude PINAULT, partagent ainsi leurs expériences et expliquent comment ils ont développé leurs ressources intérieures et ont su trouver au plus profond d’eux-mêmes, parfois même dans l’adversité, le goût du bonheur...




p.14   - "Le bonheur, c'est du malheur qui se repose..."
Le malheur venait d'entrer sur la pointe des pieds, en talons aiguilles.
Le bonheur a dû s'arrêter là.

p.19   C'est dimanche. il fait beau. Nous sommes le 11 septembre. Mes deux tours viennent d'être touchées. Pas encore effondrées. Je crains le pire.



p.20   Pourtant le mâle a dit, mais la maladie n'est pas vue. Rien vu. Rien entendu.

p.23   Je veux bien mourir, mais je veux savoir de quoi.



p.37   Il y a dix mille ans, elle ne m'aurait pas laissé tomber. Ni laissé aux vautours. Ni aux loups. Aucun prédateur n'aurait pu profiter de ma carcasse facilement. Affaibli mais défendu par ma femelle, il me reste du courage pour mordre encore. Je l'aime.

p.23   À force de me rassurer, il vont finir par me foutre la trouille.



p.39   Vous savez, je débute dans ma condition de malade. Je ne suis qu'un amateur. Apprenez-moi la vie, docteur.

p.43   Ça doit être une habitude dans le monde médical de terminer toujours leurs phrases par "ne vous inquiétez pas". Surtout s'il y a matière à s'inquiéter.



p.43   Elle me rapporte ce bel objet en plastique transparent, un peu couleur pipi, qu'on appelle pistolet. Elle me le pose sur la table roulante devant moi comme un trophée.

p.50   Un frottis pour la salive. Une pichenette dans les narines. Une tatouille sous les aisselles. Une lampée entre les testicules. Un p'tit coup dans l'anus. Oups ! On fait vite connaissance ici. Je suis reniflé par tous les bouts. Une vraie vie de chien.



p.52   Je ne vais tout de même pas décrocher un CDI de malade lourd.

p.53   Je vous ai bien fait marcher. Allez, passez-moi mes pompes, et j'me casse.



p.58   Quand les souffrances étaient trop vives, je sentais un fleuve boueux de douleurs m'entraîner vers le fond. Un cauchemar. Surtout ne pas me débattre. Ça tombait bien, je me paralysais.

p.60   Les équipes fraîches du matin remplacent leurs collègues de la nuit. Des bruts de voix, de chariots, de boîtes métalliques et de rires se mêlent aux gémissements, aux râles et aux bips. Des bruits d'hosto.



p.65   Pour du bol, j'ai eu du bol. Quand on pense qu'on a seulement une chance sur quatorze millions de gagner au Loto. Avec le S.G.B., c'est cent quarante fois plus. J'ai vraiment eu de la veine sur ce coup-là.

p.67   Le squelette de la mort, drapé dans sa capuche noire, était debout. Sur mon lit. Dans un sourire maléfique, ses dents blanches étincelaient. Il tenait la faux à la main, prêt à tout couper. Le moindre faux pas, la moindre faiblesse : je serais fauché dans l'instant. En pleine force de l'âge.



p.73   Habituellement la timidité n'était pas un trait de son caractère. Surtout entouré d'un concerto pour quatre mains. Féminines pour le genre. Travailleuses pour le mode. Séduisantes de surcroit.

p.74   Je savais définitivement que je ne serais ni maso ni homo. Chacun sa route.



p.75   Des placebos auraient mieux fait l'affaire pour mon foie. Dur de croire aux hosties médicamenteuses quand on n'a pas la foi.

p.77   J'etais devenu une marionnette inanimée, bientôt immobile. Pinault, le Pinocchio sans Geppetto. Ma vie ne tenait plus qu'à un fil.



p.81   - Vous nous faites probablement une algodystrophie neurologique...
- Ah, la vache Je l'ai pensé. Je n'ai rien dit. Je ne sais pas encore ce que c'est.

p.85   En tout cas, je ne voulais pas m'accorder le droit au repos. On ne se repose pas quand la bâtisse est attaquée. On se bat. Des années d'entrainements sportifs ne vont pas être remises en cause par une attaque de mes nerfs. Même si l'adversaire était en nombre, je voulais terminer ce match et le gagner.



p.88   Dans la pénombre de mes nuits, j'imaginais les autres, mes proches, mes amis, la ville assoupie. Ailleurs, les gens dormaient dans leur lit. Tranquilles. D'autres se levaient pour aller pisser. Le bonheur. Grignoter un fruit, regarder la télé ou faire l'amour. Certains s'engueulaient peut- être, mais ils étaient libres, ils vivaient. Même en prison, ils étaient libres. Libres de bouger, de se lever, de marcher. J'étais jaloux.

p.94   Je suis en colère aujourd'hui. Mais si je m'en sors, le jour où je viendrai lui rendre visite s'il est malade, ce donneur de leçon, j'essaierai de lui dire tout simplement que j'ai de la peine de le voir souffrir. Que c'est un ami, et s'il a besoin de moi que je serai là, c'est tout. Rien de plus. L'écouter, ça devrait suffire. Le reste, des options prétentieuses qui ne servent à rien.
Des mots creux pour se rassurer soi-même contre la maladie. De l'égoïsme.



p.98   A regarder passer les couches-culottes de mon voisin.
Qui, lui, n'en finissait pas de se vider. Diarrhées, pets, diarrhées, pets. Couche après couche, il se délitait. Je me demande même s'il ne tentait pas une évasion liquide et discrète, de poubelle en poubelle. Il réapparaîtrait un jour ou l'autre dans un autre service.
Ce spectacle me faisait redouter mon tour.

p.100   C'est notre travail vous savez. C'est normal tout ça, vous êtes tous pareils ici. Pleurez un bon coup, il va falloir vous habituer.
Mais comment allais-je pouvoir m'habituer? A ça?



p.109   Je disais non avec la tête, je disais oui avec le coeur. Avec mon corps, je gueulais.

p.107   Moi, j'avais mal à l'homme.



p.110   Tout à coup, les chiens lâchèrent ma dépouille au fond d'un puits. Un puits profond. Je sentis mes reins se briser en tombant. Je me suis meurtri dans des sables mouvants. Dans des sables mouillés, j'étouffais. Du liquide montait lentement dans mes poumons, je me noyais. J'avais du mal à respirer. J'entendais des râles au-dessus de moi. Je suffoquais.

p.102   Du bout malheureux, le tuyau de la sonde pendait, relié vers la poche plastique jaune pipi accrochée en guirlande à mon accoudoir. L'impudeur inhumaine, dans la désolation et dans l'indifférence de la réa, était à son comble.


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Dans ce livre d'entretien, la psychologue et écrivaine française Marie de HENNEZEL revient avec Claude PINAULT sur les différentes techniques qu'il a instinctivement développées pour arriver à une forme de guérison... Et notamment sur ses clefs mentales qu'il a utilisées pour redevenir un "homme debout".


Le Laboratoire du Bonheur :
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Ce livre, en explorant le rapport à soi-même pour ensuite revisiter le rapport au monde, invite à aimer le chemin de la vie tel qui s’offre. Les auteurs - dont Claude PINAULT, partagent ainsi leurs expériences et expliquent comment ils ont développé leurs ressources intérieures et ont su trouver au plus profond d’eux-mêmes, parfois même dans l’adversité, le goût du bonheur...


Le Syndrome du BOCAL

Quelques extraits :





p.14   "Le bonheur, c'est du malheur qui se repose"...
Le malheur venait d'entrer sur la pointe des pieds, en talons aiguilles.
Le bonheur a dû s'arrêter là.


p.19   C'est dimanche. il fait beau. Nous sommes le 11 septembre. Mes deux tours viennent d'être touchées. Pas encore effondrées. Je crains le pire.


p.20   Pourtant le mâle a dit, mais la maladie n'est pas vue. Rien vu. Rien entendu.


p.23   Je veux bien mourir, mais je veux savoir de quoi.


p.37   Il y a dix mille ans, elle ne m'aurait pas laissé tomber. Ni laissé aux vautours. Ni aux loups. Aucun prédateur n'aurait pu profiter de ma carcasse facilement. Affaibli mais défendu par ma femelle, il me reste du courage pour mordre encore. Je l'aime.


p.25   À force de me rassurer, il vont finir par me foutre la trouille


p.39   Vous savez, je débute dans ma condition de malade. Je ne suis qu'un amateur. Apprenez-moi la vie, docteur.


p.43   Ça doit être une habitude dans le monde médical de terminer toujours leurs phrases par "ne vous inquiétez pas". Surtout s'il y a matière à s'inquiéter.


p.43   Elle me rapporte ce bel objet en plastique transparent, un peu couleur pipi, qu'on appellle pistolet. Elle me le pose sur la table roulante devant moi comme un trophée.


p.50   Un frottis pour la salive. Une pichenette dans les narines. Une tatouille sous les aisselles. Une lampée entre les testicules. Un p'tit coup dans l'anus. Oups ! On fait vite connaissance ici. Je suis reniflé par tous les bouts. Une vraie vie de chien.


p.52   Je ne vais tout de même pas décrocher un CDI de malade lourd.


p.53   Je vous ai bien fait marcher. Allez, passez-moi mes pompes, et j'me casse.


p.58   Quand les souffrances étaient trop vives, je sentais un fleuve boueux de douleurs m'entraîner vers le fond. Un cauchemar. Surtout ne pas me débattre. Ça tombait bien, je me paralysais.


p.60   Les équipes fraîches du matin remplacent leurs collègues de la nuit. Des bruts de voix, de chariots, de boîtes métalliques et de rires se mêlent aux gémissements, aux râles et aux bips. Des bruits d'hosto.


p.65   Pour du bol, j'ai eu du bol. Quand on pense qu'on a seulement une chance sur quatorze millions de gagner au Loto. Avec le S.G.B., c'est cent quarante fois plus. J'ai vraiment eu de la veine sur ce coup-là.


p.67   Le squelette de la mort, drapé dans sa capuche noire, était debout. Sur mon lit. Dans un sourire maléfique, ses dents blanches étincelaient. Il tenait la faux à la main, prêt à tout couper. Le moindre faux pas, la moindre faiblesse : je serais fauché dans l'instant. En pleine force de l'âge.


p.73   Habituellement la timidité n'était pas un trait de son caractère. Surtout entouré d'un concerto pour quatre mains. Féminines pour le genre. Travailleuses pour le mode. Séduisantes de surcroit.


p.74   Je savais définitivement que je ne serais ni maso ni homo. Chacun sa route.


p.75   Des placebos auraient mieux fait l'affaire pour mon foie. Dur de croire aux hosties médicamenteuses quand on n'a pas la foi.


p.77   J'etais devenu une marionnette inanimée, bientôt immobile. Pinault, le Pinocchio sans Geppetto. Ma vie ne tenait plus qu'à un fil.


p.81   - Vous nous faites probablement une algodystrophie neurologique...
- Ah, la vache Je l'ai pensé. Je n'ai rien dit. Je ne sais pas encore ce que c'est.


p.85   En tout cas, je ne voulais pas m'accorder le droit au repos. On ne se repose pas quand la bâtisse est attaquée. On se bat. Des années d'entrainements sportifs ne vont pas être remises en cause par une attaque de mes nerfs. Même si l'adversaire était en nombre, je voulais terminer ce match et le gagner.


p.88   Dans la pénombre de mes nuits, j'imaginais les autres, mes proches, mes amis, la ville assoupie. Ailleurs, les gens dormaient dans leur lit. Tranquilles. D'autres se levaient pour aller pisser. Le bonheur. Grignoter un fruit, regarder la télé ou faire l'amour. Certains s'engueulaient peut- être, mais ils étaient libres, ils vivaient. Même en prison, ils étaient libres. Libres de bouger, de se lever, de marcher. J'étais jaloux.


p.94   Je suis en colère aujourd'hui. Mais si je m'en sors, le jour où je viendrai lui rendre visite s'il est malade, ce donneur de leçon, j'essaierai de lui dire tout simplement que j'ai de la peine de le voir souffrir. Que c'est un ami, et s'il a besoin de moi que je serai là, c'est tout. Rien de plus. L'écouter, ça devrait suffire. Le reste, des options prétentieuses qui ne servent à rien.
Des mots creux pour se rassurer soi-même contre la maladie. De l'égoïsme.


p.98   A regarder passer les couches-culottes de mon voisin.
Qui, lui, n'en finissait pas de se vider. Diarrhées, pets, diarrhées, pets. Couche après couche, il se délitait. Je me demande même s'il ne tentait pas une évasion liquide et discrète, de poubelle en poubelle. Il réapparaîtrait un jour ou l'autre dans un autre service.
Ce spectacle me faisait redouter mon tour.


p.100   C'est notre travail vous savez. C'est normal tout ça, vous êtes tous pareils ici. Pleurez un bon coup, il va falloir vous habituer.
Mais comment allais-je pouvoir m'habituer? A ça?


p.109   Je disais non avec la tête, je disais oui avec le coeur. Avec mon corps, je gueulais.


p.107   Moi, j'avais mal à l'homme.


p.110   Tout à coup, les chiens lâchèrent ma dépouille au fond d'un puits. Un puits profond. Je sentis mes reins se briser en tombant. Je me suis meurtri dans des sables mouvants. Dans des sables mouillés, j'étouffais. Du liquide montait lentement dans mes poumons, je me noyais. J'avais du mal à respirer. J'entendais des râles au-dessus de moi. Je suffoquais.


p.102   Du bout malheureux, le tuyau de la sonde pendait, relié vers la poche plastique jaune pipi accrochée en guirlande à mon accoudoir. L'impudeur inhumaine, dans la désolation et dans l'indifférence de la réa, était à son comble.



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